Gabon-La Relève politique : Docteur Jean Aimé MOUKETOU, Membre de l’IPDD

Gabon-La Relève politique : Docteur Jean Aimé MOUKETOU

Docteur-Jean-Aimé-MOUKETOU
A quelques jours du 54ème  anniversaire de l’indépendance du Gabon, j’ai voulu prendre l’avis du Dr Jean Aimé MOUKETOU, un homme qui monte en influence au sein de la diaspora Gabonaise.

Même si durant ces dernières années le Gabon a évolué, cependant, beaucoup reste encore à faire. Comment cette nouvelle génération qui défend des enjeux aussi variés que l’environnement, l’unité nationale et la concorde civile, l’exigence d’une véritable démocratie républicaine et citoyenne dans les faits, la lutte  contre la pauvreté, l’élimination de la corruption et toutes les pratiques de mal gouvernance, etc.… Comment Peut-elle faire, loin de la mère patrie pour faire entendre sa différence, faire connaitre son point de vue, de quel moyen dispose-t-elle, est-elle associée à ce qui se décide actuellement au  sein de l’opposition nationale, etc…

Les questions :

1) Qui est Monsieur Jean Aimé MOUKETOU ?

Réponse : Je suis Gabonais du terroir, né à la maternité de Mouila (ma mère est de Moabi et mon défunt père de Mouila, village Louango, à 25 km de Mouila). Enseignant, qualifié (Nouvelle-Ecosse Canada), diplômé de l’université Paris Diderot – Paris 7 (Doctorat  de géographie, septembre 2005), porte-parole du Président de la Convention de la Diaspora Gabonaise, animateur de l’émission « Dr Mouketou Reçoit » sur INRI Radio Afrique 2050 et Radio Démocratique Gabonaise Washington DC.

2) Comment définissez-vous votre position politique et quelle est l’idéologie qui l´inspire ?

Réponse : Je suis un adepte de la pensée des Lumières qui se diffuse au XVIIIe siècle. J’utilise dans ma « position politique », la métaphore de la Lumière pour caractériser mon esprit critique des 47 ans du Parti Démocratique Gabonais (PDG). Je critique l’ordre politique et économique bongoïste.  Ainsi, comme vous pourriez le constater, je suis un homme de gauche, un socialiste, un écologiste, un humaniste, un chrétien catholique pratiquant (le respect total du message du Christ), un syndicaliste.

3) Quel bilan faites-vous des 5 ans d’Ali Bongo à la tête du pays en termes de gouvernance, de gestion du pays, des libertés individuelles, des droits humains et du social ?

Réponse : C’est la question la moins difficile car elle est d’une évidence populaire. Le bilan des 5 ans d’Ali BONGO-ONDIMBA ne pouvait  pas être autrement qu’un ÉCHEC À TOUS LES NIVEAUX. Ce constat va de pair avec les mécanismes qui l’ont conduit au  pouvoir, c’est-à-dire le non-mérite.

4) Quel état des lieux faites-vous du processus de regroupement dans l’opposition en cours dans le pays  et quel regard portez-vous sur tout cela? 

Réponse : Avant et après le décès de Pierre MAMBOUNDOU-MAMBOUNDOU, l’opposition gabonaise a toujours souffert d’un point faible, la dispersion. Un facteur caractérisé par une pléthore de petits partis dont l’existence n’a eu de finalité que de permettre au PDG d’user facilement du levier de la corruption afin de donner l’impression à ces groupuscules de représenter quelque chose. Nous avons déjà assisté à des formes de rassemblement de l’opposition au Gabon, mais vous ne me contredirez pas que, malheureusement, ces précédents étaient toujours sous tutelle de personnes politiques peu recommandables, sans vouloir surenchérir.

5) Qui aujourd’hui, à votre avis porte au mieux les aspirations des gabonais et pourquoi lui ou elle ? 

Réponse : Je n’aurais pas la prétention de vanter mon expertise dans cette interview, mais je puis vous avouer que j’ai eu l’occasion de travailler avec plusieurs compatriotes au sein de l’opposition. De tous ceux que j’ai eu la chance de côtoyer, je puis vous confirmer que le Président de la Convention de la Diaspora Gabonaise (CDG), le Dr Bruno ELLA-NGUÉMA, Professeur à l’Université de Bordeaux, sort du lot et gagne mon estime totale pour plusieurs raisons dont je ne citerai que trois ici :
– une grande intelligence;
– une connaissance réelle de plusieurs provinces de notre pays pour y avoir vécu;
– le tout couronné d’une humilité hors pair.

Ce Monsieur fait partie des Gabonais qui honorent notre pays en Occident. Il a tout pour être au devant de la scène, contrairement aux nombreux gabonais sans substance qui se précipitent aux médias.
Mais le Pr Bruno ELLA-NGUÉMA ne cède pas à ces tentations de mystification. Puisque de toutes ces gesticulations, rien de concret ne s’en est suivi !

6) Y a-t-il une diaspora comme un seul homme ou des diasporas gabonaises ?

Réponse : Historiquement et par principe, une diaspora est unique, à l’instar  des diasporas juive et chinoise. Il y a malheureusement pour des  raisons de velléité personnelle et de gloire, certains membres de la diaspora gabonaise qui joue dans l’obsession individualiste au détriment d’une complémentarité des intelligences, car la diaspora gabonaise regorge d’un potentiel considérable. Oui, la diaspora gabonaise en souffre beaucoup, hélas !

7) Quel est votre rôle au sein de cette diaspora?

Réponse : Mon rôle n’est pas différent de celui de tout Homme épris de  paix, d’esprit républicain et de démocratie. Ce sont ces valeurs qui motivent mon combat contre la dictature qui sévit au Gabon.  Et je suis fier de le mener avec un compatriote comme le Pr  Bruno ELLA-NGUÉMA qui a su transcender les considérations personnelles et mesquines au profit d’une vision d’intérêt national. 

8)  Au Gabon, existe-t-il selon vous, une réelle une opposition avec des partis politiques structurés, ou assiste-t-on simplement à un rassemblement d’hommes et de femmes nostalgiques qui essaient de se revenir au-devant de la scène ?

Réponse :  J’ai plus ou moins répondu à cette question au début. Mais formulée ainsi je puis rajouter que, depuis le retrait du débat politique de M. André MBA-OBAME pour des raisons de santé, l’opposition gabonaise avait perdu sa vocation, jusqu’au  renoncement de Mr. Jean PING du PDG. Cette opposition essaie donc de renaître cahin caha avec un espoir réel dans l’esprit des Gabonaises et Gabonais. La diaspora doit y jouer un rôle plus que déterminant en y apportant un souffle nouveau et surtout.

9) A votre avis, pourquoi l’opposition ne met pas plus en avant des jeunes comme vous ?

Réponse : Je viens de le dire, la diaspora gabonaise doit incarner le renouveau et la différence dans cette opposition qui était en perte de souffle et donc d’énergie n’eut été le courage exprimé par M. Jean PING et les autres qui ont suivi. Pour être simple, oui, il y a un écueil générationnel qui ne facilite pas la visibilité de cette puissante soupape de compétence que représente la diaspora gabonaise.

10) Quel commentaire faites-vous  au sujet de Monsieur Jean Ping et Comment interprétez-vous son passage à l’opposition et sa désormais prédominance sur celle-ci?

Réponse : Un adage dit bien que « l’erreur est humaine, mais y persévérer relève du diable ». Par conséquent pour moi, Il n’y a rien de surprenant dès lors que j’ai toujours pensé que tout gabonais intelligent finirait par quitter ce parti (le PDG) qui n’a rien apporté de bien au Gabon depuis près d’un demi siècle. Ceux qui y sont, ou qui y adhèrent jusqu’aujourd’hui, font plutôt partie de l’exception qui confirme la règle.

11) Y a-t-il une coopération entre l’opposition présente dans le pays et la diaspora, si « oui », sur quels axes porte cette participation?

Réponse : C’est la moindre des choses qui puissent s’établir entre des entités qui prétendent avoir les mêmes objectifs. Cette collaboration s’articule autour des stratégies qui consistent à libérer le Gabon d’une dictature et d’y instaurer un Etat de droit véritable.

12) Quelle ambition avez-vous pour votre pays ?

Réponse : Libéré de toute forme de dictature; libéré d’une obsession rétrograde qui consiste à croire que, diriger le Gabon relève d’une géopolitique ethnique; la réalité d’un Etat de droit protecteur de tous les citoyens gabonais et des amis du Gabon; Préparer un pays sain pour nos enfants et petits-enfants à nous tous.

13) Selon vous, quels sont les principales entraves à une vraie Alternance politique au Gabon?

Réponse : Les égos hypertrophiques de nombreux opposants qui font une fixation sur leur seule personne pour que l’alternance se fasse au Gabon ; le nombre effrayant d’opposants corruptibles; une forme de résignation des populations due aux nombreuses trahisons des opposants instables dont je m’abstiendrai de citer les noms, vous les connaissez bien. Suivez mon regard !

Fin Mes plus sincères remerciements au Docteur Jean-Aimé MOUKETOU. ANNE MARIE DWORACZEK-BENDOME

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