Congo-Brazza:Chantage et tentative d’élimination du général Jean-Marie Michel Mokoko

source : http://www.congopage.com

Chronique d’une menace de mort annoncée

26 avril 2016 – Voici le récit d’une folle journée qui a failli mettre un terme aux espoirs de la majorité républicaine avec le chantage exercé sur J3M par le régime de Sassou.

Depuis près de trois jours, bruissait la rumeur selon laquelle le général Mokoko allait faire une déclaration reconnaissant sa défaite et la victoire de Sassou Nguesso.

Comme il fallait s’y attendre, il y eut branle-bas de combat dans les États-majors pour mettre un terme a ce qui pourrait s’apparenter a une trahison si le général Mokoko venait à hisser le drapeau blanc en clamant au monde entier que Sassou qui avait mordu la poussière le 20 mars avait en fait triomphé, illustration de la paradoxale formule « qui perd, gagne »

Retour sur la farce pré-électorale

Entre Mokoko et Sassou, ce fut le bras de fer. De deux choses l’une : ou Mokoko prenait part à l’élection et on lui en faisait voir de toutes les couleurs, ou il se désistait et on lui collait la paix. Tel était le marché proposé par Sassou.

Contre toute attente, Mokoko choisit de prendre part à la présidentielle du 20 mars 2016. Erreur fatale. Crime de lèse-majesté. Précisément ce qu’il ne fallait pas faire.

Tous les plans de Sassou tombaient à l’eau. Candidat à sa propre succession, Sassou comptait sur les opposants complaisants qui ont l’habitude de boycotter leur participation ou simplement de lui servir d’accompagnateurs dociles, traçant ainsi un boulevard pour ras de marrée ; se faire élire à la soviétique. Voilà que comme un chien dans un jeu de quille, Jean-Marie Michel Mokoko venait tout foutre en l’air !

En 2002 et 2009, le « Coup K.O » de Sassou avait réussi. Mais en 2016, d’autres acteurs sont arrivés et l’équation a changé de paramètres dont la prise en compte n’était pas possible par les logiciels du Pouvoir.

Le régime le fera savoir à Mokoko dès son arrivée en terre congolaise au mois de février 2016. Il est reçu à coup de bombes fumigènes, de caillasse et de battes de base ball. On croyait ainsi le décourager. C’était peine perdue. Mokoko, ainsi qu’on a vu, prendra part à la compétition électorale. Sa participation fut hautement réclamée lors du meeting mémorable de Pointe-Noire

Le DVD du vrai faux coup d’Etat

Une fois Mokoko candidat, commencent les coups bas du régime. Coup de théâtre : le laboratoire politique de Mpila sort de son chapeau le fameux DVD du coup d’état prétendument fomenté par Jean-Marie Michel Mokoko. Une cassette vieille d’au moins dix ans. En 2007.

C’est ce qui s’appelle « remuer la merde », une spécialité dans laquelle excelle Sassou.

Les réseaux sociaux s’en chargent pour révéler ce qui pourrait s’apparenter a un scoop : » Le coup d’état de Mokoko ». C’est un ballon d’essai. La mayonnaise ne prend pas. La population qui n’est pas dupe n’adhère pas au montage vidéo. Pourtant le pouvoir n’a ménagé aucun moyen pour que le coup bas porte ses effets. Le régime a fait appel à des chaînes de Télévision qui lui sont affiliées pour réussir la manœuvre. Notamment la Télévision d’un membre influent du pouvoir : la drtv du général Dabira. Cette « voix de son maître  » se chargera de diffuser le montage numérique. Ca fait flop. Malgré le harcèlement de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (dgst) de triste mémoire et du petit procureur Oko Ngakala, ce sera peine perdue. Mokoko dépose sa candidature au Ministère de l’Intérieur et à la cour constitutionnelle. A partir de là, c’est le commencement des douleurs de J3M

Examen médical

Comme tous les candidats qualifiés à prendre part à l’élection de mars 2016, Sassou comme les neuf autres candidats est soumis à l’examen et la visite médicale devant le collège des médecins assermentés.

Ce jour la, Sassou, pour la forme, va se faire examiner par les médecins assermentés. A la fin de l’examen, il demande de s’entretenir en aparté avec l’un des médecins examinateurs qui se trouve être originaire de la Cuvette et de l’ethnie Makoua comme Mokoko.

Il dit en substance au toubib que cette candidature de Mokoko, il ne la souhaitait pas. Le candidat Sassou ajoute qu’il ne voudrait pas que cette histoire se termine comme celle de Pierre Anga (assassiné dans la forêt d’Ikonongo –NDLR) Non, il ne souhaitait pas vraiment qu’on en arrive là. Jean-Marie Michel Mokoko ferait mieux de se retirer de la course. Ou c’est lui ou c’est moi. Les Bantous de la capitale chantaient « choisis, ou c’est lui ou c’est moi  ». Autant dire que Sassou ne laissait pas le choix à Mokoko.

Originaire de Makoua comme le général, le médecin, assermenté et membre d’une grande institution de la République, prend langue avec le général pour le dissuader de prendre part à l’élection présidentielle de mars 2016.

Niet ! Niet et encore Niet ! Réponds le général Mokoko. Il ne compte pas renoncer a la course pour la présidentielle. Il y prend part.

Razzia

La suite, tout le monde la connaît. Le 20 mars, les candidats de l’opposition réunis autour de la plateforme Idc-Frocad et le général Mokoko font plus qu’une razzia. Ils battent sans aucune forme de contestation le candidat sortant, Sassou Nguesso. Les villes de Pointe-Noire, de Dolisie, de Nkayi, de Brazzaville y compris dans la partie septentrionale, mettent le candidat du pouvoir à genou. Sassou perd les élections. Au fur et a mesure que les résultats tombent, la désillusion qui se lit dans le camps des perdants augmente la haine de Sassou et ses partisans. Une humiliation qu’ils ne comprennent au regard de la somme des moyens mobilisés. C’est un fiasco. Les résultats placent, loin derrière, le candidat du pouvoir. Il est en quatrième position avec 8% de suffrages.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Sassou reçoit la pire des déculottées avec cette défaite qui le ramène à sa triste réalité. Le peuple vient de lui donner le message selon lequel il veut l’alternance et que 32 ans de pouvoir SASSOUFIT.

Mais c’était sans compter avec la rancune tenace de Sassou. Rancunier, Sassou refuse de se plier au verdict des urnes. Il décide de passer outre. Il décidé de passer en force et fait valider son hold-up électoral en se proclamant vainqueur dès le premier tour ; contre toute attente ; sans avoir même recueillie tous les résultats ni compiler les procès-verbaux des différents de vote.

Investiture

Dans la foulée, il organise son investiture. Au même moment, il décide d’embastiller les cadres proches des candidats de l’opposition. Il assigne à résidence les candidats Mokoko, Munari et Okombi ; les privant de tout mouvement. Interdiction formelle à toute personne de rentrer et de sortir. Des fatwas à l’endroit de Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de la plateforme IDC-Frocad sont lancées par un Procureur de la Republique.

Pasteur Ntoumi

Dans le Pool, c’est la chasse a l’homme. Le Pasteur Ntumi est poursuivi à coup de roquette, de mortier, de Bazooka et de BM21 avec dégâts matériels et pertes en vies humaines. Il s’agit d’une expédition punitive menée contre les ressortissants de cette région pour n’avoir pas accordé leurs suffrages à Sassou. Il y a drame humanitaire. Cela ne fait ni chaud ni froid à Sassou alias Monsieur 8%.

Pour Sassou, tous ceux qui lui ont tenu tête, doivent payer. Et Mokoko encore plus que les autres pour son camouflet. Il faut qu’il paye. N’avait-il pas promis de le faire ramper s’il lui tenait tête. Il décide de le harceler et de le traquer. Torture psychologique, morale et encerclement de sa résidence ne suffisent plus.

Reconnaissance de la victoire

Il faut que Mokoko reconnaisse la victoire s’il veut avoir la liberté et la vie sauve. C’est là que le personnage du fameux médecin et Professeur de médecine rentre en scène pour jouer la dernière partition : faire reconnaître par écrit (à J3M) la victoire de Sassou.

«  Tu as gagné en trichant, qu’as-tu encore besoin de ma validation ? Désormais tu peux commander à loisir. Fais-le ! Qu’attends-tu ? » ironise Mokoko.

Pour 100 patates

« Prends ça, c’est un petit pli qui vient de la part de ton grand frère » aurait dit Le Spécial Dominique Okémba au médecin, lui aurait dit Le Spécial, Cent millions mis entre les mains de notre professeur de médecine pour qu’il aille persuader le général Mokoko d’accepter de lire une déclaration dont le draft a été rédigé sur les collines du Palais des Plateaux. Que Mokoko accepte les résultats de la cour constitutionnelle, donnant Sassou Nguesso vainqueur de l’élection présidentielle de mars 2016 à plus de 60%.

Date butoir

La demande est assortie d’un ultimatum. La date butoir, ce serait dimanche 1 mai 2016, fête de tous les travailleurs. L’ultimatum est clair, si le général ne fait pas cette déclaration, il vont passer par la force et le général passera de vie a trépas. Les barbouzes du pouvoir vont purement et simplement l’assassiner. S’il accepte de faire cette déclaration, il a la vie sauve et on lui ménage un sauf conduit. S’il refuse, on le bute. « Un Point un Trait ». C’est le deal.

Un deal que le général refuse. Partant de la, la pression ira s’accentuant.

Carte émotionnelle

Le pouvoir a décidé d’utiliser la carte émotionnelle, celle du chantage à la mèr du général Mokoko, âgée de 92 ans.

Que peut faire une mère face a un fils à qui on a promis la mort dans les heures qui suivent ?

L’oncle du général

Le général Mokoko venait de perdre le frère de se maman, Monsieur Ossète, mort dans son sommeil alors que peu avant sa mort, l’oncle venait d’échanger longuement avec sa sœur sur le sort de son neveu Mokoko dont il ne savait comment allait-il tenir face à la haine de Sassou.

Le lendemain matin, il ne se réveillera pas, emporté dans son sommeil vers la mort. Il était normal que la maman du général Mokoko, solidarité familiale oblige, aille soutenir la famille à la veillée ; ce que ne fera pas Mokoko, parce que interdit de tout déplacement. Les obsèques sans sa présence. Le général en restera là tant qu’il continuera a tenir tête et maintenir sa position : ne pas reconnaître Sassou Nguesso vainqueur de la présidentielle de 2016.

Il refuse toujours de reconnaître la victoire ? Qu’à cela ne tienne. Le professeur médecin entre de nouveau en scène. Il ramène au domicile du général Mokoko la maman de ce dernier car dans nos sociétés matrilinéaires, l’instinct maternel est très fort chez l’enfant. Le but ? Que la mère-chérie plaide en faveur de Sassou et qu’il demande à son fils bien aimé de reconnaître Sassou comme Président élu a 60%.

Dans la foulée, qu’il lise une déclaration rédigée d’avance. Ensuite on lui laissera la vie sauve. Le chantage a des chances de fonctionner. Imaginez une pauvre dame nonagénaire à qui on annonce qu’on tuera son fils s’il ne fait pas ce que ses bourreaux lui demandent. Que fera-t-elle si ce n’est peser de tout son poids œdipien pour obtenir le déni de justice de son fils ? La date butoir de cette démarche freudienne ? Le mardi 26 avril a 12 heures au domicile du général où l’on simulera une conférence de presse avec les journaliste de la Télévision nationale et certains correspondants des chaînes étrangères accréditées au Congo.

Fuites

L’information fuite. Les réseaux sociaux s’en servent et la reprennent. Les réactions s’enchaînent les unes les autres, marquant une très vive hostilité à l’idée que le général Mokoko puisse commettre l’infamie.

Début de tractations avec les membres influents de l’Idc-Frocad pour qu’il ne cède pas a ce qui ressemblerait à une trahison. De l’Union Européenne au Quai d’Orsay en passant par des lobbyistes et membres de la diaspora, tous lui demandent de ne pas trahir et de ne pas céder parce que le pouvoir, agonisant, va vers sa chute dans les tout prochains jours. In extremis, Mokoko sera réconforte par la déclaration du Ministère des Affaires Étrangères Français qui porte un doute sur les élections présidentielles du Congo-Brazzaville, réfutant par la même occasion la victoire de Sassou à cette élection.

Tout es bien qui finit bien. Mokoko refusera de faire la déclaration où il reconnaît la victoire de Sassou Nguesso au premier tour de la présidentielle du 20 mars 2016.

Quel bilan ?congo_loc

Les tentatives du camp de Sassou sont, tout de même, une aberration de la part de gens qui, semble-t-il, ont gagné leur élection par « Un coup K.O ». Qu’ils en soient réduit à quémander et faire l’aumône auprès des candidats malheureux qu’ils ont battu, c’est là le comble.

Quel est ce pouvoir qui, ayant gagné ses élections, embastillent les opposants, assignent les leaders adverses en résidence surveillée et par la suite demande en échange du desserrement de cet étau que les candidats de la majorité républicaine qui avaient pris part a la présidentielle clament haut et fort qu’ils avaient été battus au premier tour de la présidentielle de 2016.

« Tu sais  », lui ont dit ses sbires, « tu n’a pas pitié de tous ces morts dans le Pool, de tous ces prisonniers qui croupissent dans les prisons, de la situation de ni-paix, ni-guerre dans le pays et du ralentissement de l’activité économique ? » Conclusion :« Tout ça à cause de toi ». Les sbires tentent le chantage : « Acceptez de faire cette déclaration et tout rentrera dans l’ordre. » Ils essaient la fibre maternelle : « Tu ne veux pas voir ta pauvre maman heureuse pour ses derniers moments ? » ; Puis la compassion : « De grâce fais-le ! »

Niet. Le général ne lira pas la déclaration. Un jour de gagné. Mais comment vont réagir ses sbires du pouvoir ? Vont-ils le tuer comme promis ? Vont-ils le jeter à la Maison d’Arrêt comme ils l’ont dit aussi ? Nul ne sait. Mais une chose est sûre et certaine, c’est que s’il arrive quelque chose au général Mokoko, ce sera l’œuvre de Sassou. De toute évidence, après avoir régler le compte de Mokoko, le pouvoir vieillissant s’acharnera tour à tour sur Okombi, Munari et Bowao, ces empêcheurs de tourner en rond ; les seuls qui affirment haut et fort, en s’appuyant sur les procès-verbaux et les compilations de la CTÉ, que le candidat Denis Sassou Nguesso a été battu dès le premier tour de la présidentielle de mars 2016’

Qui sera le prochain sur la liste du harcèlement moral et psychologique du pouvoir.

Osséréondélé
Article original sur congopage.com :
http://www.congopage.com/Chantage-et-tentative-d-elimination-du-general-Jean-Marie-Michel-Mokoko

Congo-B_General-Mukoko-Montage-1.jpg

 

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